Tuesday, February 22, 2011

La Banque mondiale doit sortir des fossiles

La Banque mondiale doit sortir des fossiles
les députés européens demandent à la Banque de se tourner vers le financement des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique, et de favoriser les modèles énergétiques décentralisés répondant aux besoins des communautés locales

La Banque Mondiale soit mettre fin à ses soutiens aux énergies fossiles, et adopter une politique énergétique progressiste et ambitieuse. C’est la résolution votée par le Parlement européen, mercredi dernier.

En effet, les députés européens demandent à la Banque de se tourner vers le financement des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique, et de favoriser les modèles énergétiques décentralisés répondant aux besoins des communautés locales, peut on lire dans un communiqué de presse.



Face à cet annonce, les Amis de la Terre se félicitent de cette prise de position et appellent les Etats européens membres de la Banque mondiale à soutenir ces propositions exemplaires, apprend t on dans le communiqué de presse.

En janvier 2010, la Banque mondiale a lancé une révision de sa Stratégie Energie

La Banque mondiale (parfois abrégée BM) regroupe deux institutions internationales : la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et l’Association internationale de développement (AID, ou IDA), créées pour lutter contre la pauvreté en apportant des aides, des financements, des conseils, aux États en difficulté.

Son action est aujourd'hui principalement orientée vers les pays en voie de développement (PVD), et en particulier les pays les moins avancés (PMA), sur des axes comme l'éducation, l'agriculture, l'industrie, la santé,...

Elle accorde des prêts à des taux préférentiels à ses pays membres en difficulté. En contrepartie, elle réclame que des dispositions politiques (appelées « politiques d'ajustement structurel ») soient prises pour, par exemple, limiter la corruption, maintenir un équilibre budgétaire ou faciliter l'émergence d'une démocratie.

En plus des prêts accordés, elle finance également (directement ou indirectement) des projets d'ONG, et conduit de nombreuses recherches en rapport avec le développement de chaque pays. Ainsi, c'est la Banque mondiale qui mesure l'Indicateur de développement humain (IDH) dans différents pays et zones géographiques, ou qui conduit avec l'Unicef des études thématiques sur l'eau et l'assainissement.

L'action de la Banque mondiale est souvent critiquée, cependant pour deux raisons opposées. D'une part, les gouvernements en place rebutent à prendre des mesures anti-corruption et à organiser de véritables élections. D'autre part, les mouvements altermondialistes accusent la Banque Mondiale de répondre davantage aux exigences des multinationales qu'à celles des populations locales.

« Des crises de légitimité engendrent des projets de réforme, tant à l’ONU qu’au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale. Elles ont pour point commun une demande de transparence et de démocratie, d’une part, et une remise en cause des finalités et des modes d’intervention de ces organisations, d’autre part. »

Aussi, en janvier 2010, la Banque mondiale a lancé une révision de sa Stratégie Energie. La nouvelle Stratégie guidera les investissements de la Banque dans ce secteur pour les dix prochaines années, et aura ainsi une influence massive sur les choix énergétiques développés dans les pays les plus pauvres. La Résolution votée hier par les députés européens note l'importance de ce processus et s'inquiète de la tendance de la Banque à investir massivement dans les centrales à charbon, qui enferment les pays en développement dans des modèles très intensifs en carbone pour des décennies.

« En 2010, la Banque mondiale a investi 6,6 milliards de dollars dans les énergies fossiles, soit 126 % de plus que l'année précédente. 4,4 milliards de dollars sont allés dans de méga centrales à charbon, dont celle de Medupi en Afrique du Sud, projet auquel la population locale était massivement opposée en raison de ses impacts environnementaux et sociaux désastreux », confirme Anne-Sophie Simpere, des Amis de la Terre.

Par ailleurs, au-delà de la question des énergies fossiles, la Résolution appelle la Banque mondiale à protéger les droits des communautés locales et à fixer des objectifs de développement clairs dans tous les projets financés. Un rapport de l'ONG Oil Change International publié en octobre 2010 démontrait en effet qu'aucun des projets d'énergie fossile financé par la Banque mondiale n'avait permis d'améliorer l'accès à l'énergie des plus pauvres, peut on lire dans un communiqué de presse.

« Les grands barrages peuvent avoir des impacts catastrophiques sur les populations locales, en impliquant par exemple des déplacements forcés de communautés, et la perte de leurs moyens de subsistance, tandis que l'énergie produite sera bien trop chère pour elles (…) La Résolution votée hier par le Parlement européen est très encourageante. Sur cette base, les Etats européens, pourraient avoir une position exemplaire dans le cadre de la révision de la Stratégie Energie de la Banque mondiale. La France est l'un des principaux actionnaires de la Banque : l'administrateur français à la Banque mondiale, et au ministère des Finances doivent soutenir les positions ambitieuses du Parlement européen », conclut Anne-Sophie Simpere.

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